25.10.2008

Le courage des oiseaux

Par snobisme crétin, j'ai décidé pendant des années de conchier tout artiste français, que ce soit en musique, littérature ou cinoche. Faut dire que jetais un sacré con à cet âge là. certains diront que je n'ai pas changé mais je les emmerde !

Autant la lecture d'un Djian ou la vision d'un Desplechin a tendance à me conforter dans mes erreurs de jeunesse, autant Bashung, Gainsbourg et tant d'autres finissent par me couvrir de honte.

Le déclic se passa en 1992. Alors jeune étudiant, par un soir de déprime (surement un lundi, le reste de la semaine, j'etais en WE), je branchais la radio et tombais sur l'indispensable Bernard Lenoir en compagnie de l'excellent Arnaud Viviant. Je les entends causer du choc de leur vie, de l'emoi qu'ils ont ressenti dans un bar rennais à la découverte d'un tout jeune artiste, auto-produit, à savoir Dominique A.

Déjà, rien que le nom, je rigolais dans ma barbe (c'est une image, je suis glabre comme les fesses d'un bébé) et puis là, la claque, un son enfantin surgit de ma radio, en réalité un petit synthé casio et la voix qui se lance, limite androgyne, bourrée de défauts mais pourtant si douce et naturelle sur un texte intelligent. Enfin un chanteur (ou une chanteuse, j'ai eu quelque doute surtout avec un prénom pareil, sa voix ressemble énormément à celle de Barbara) qui ne surjouait pas, loin de cette varietoche nauséabonde qui envahit encore nos ondes et nos pauvres oreilles de nos jours. Bref, Dominique A n'aurait même pas passer les qualifications de la star Ac' mais c'est peu dire que ça n'a aucune espèce d'importance.

Dès le lendemain et ce, pendant plusieurs, j'arpentais les allées de tout les disquaires du coin pour mettre la main sur mon st Graal, à savoir son album "la fossette". Ce ne fut pas facile mais tel un valeureux chevalier sur son fier destrier, je réussis à atteindre mon but et fourbu mais heureux, put enfin m'abreuver au doux son du clavier de Dominique A.

Par la suite, le son s'est étoffé, les guitares sont arrivées et Dominique Ané a multiplié les œuvres parfois bancales, souvent magnifiques (la mémoire neuve, l'horizon...). Je l'ai vu toujours aussi timide une dizaine de fois sur scène et à chaque fois, le bonhomme a réussi à m'émouvoir et me renvoyer à ce jour de 1992 où j'ai redécouvert qu'on pouvait chanter en français.

 

 

 

 

Commentaires

c'est pour des billets comme ça que j'ai envie de te dire que Je t'aime, Comme un fou comme un soldat, comme une star de cinéma....

Ecrit par : cricri | 25.10.2008

J'aime bien la version de diabologum aussi.... Et remué, t'as pas aimé?

Ecrit par : Esther | 25.10.2008

Oui, énormément, ainsi que Auguri que je n'ai pas cité également. J'aime moins "tout sera comme avant" et "si je connais harry"

Ecrit par : beachboy | 25.10.2008

Je n'aime pas si je connais Harry, et le "Tout sera comme avant" est en demi teinte, même si il y a l'énorme revenir au monde....

Ecrit par : Esther | 26.10.2008

Sacré BB! Je pense qu'on a du écouter la même émission de radio pendant un bout de temps. J'avais aussi été vachement touché par la première écoute de Dominique A chez Lenoir et j'avais filé le lendemain à la fnac pour trouver son album. Bonheur, ils l'avaient.
Bon, tous les potes de l'époque s'étaient foutus de moi mais pas grave, je l'ai suivi et je le suis encore.

Ecrit par : Colo | 27.10.2008

Ca nous rajeunit pas tout ça

Ecrit par : beachboy | 27.10.2008

quelle bande de vieux cons.

Ecrit par : cricri | 27.10.2008

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